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NUMBER 19

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David Vandermeulen et Daniel Casanave se sont associés pour réaliser une parodie aussi fantaisiste que jubilatoire du célèbre commissaire inventé par Georges Simenon. Dans Crémèr et l’Enquête intérieure, le commissaire est chargé d’infiltrer un groupe de musique. Un album résolument jouissif, loufoque et psychédélique!

Rien ne va plus pour le commissaire Crémèr! Il a mal aux dents. Son dentiste vient de lui en dévitalisé une, mais il ressent encore étrangement une douleur insoutenable, ce qui le met de méchante humeur. Crémèr est sur les nerfs! Faut dire qu’il a vécu une expérience plutôt improbable pour un homme qui a la tête sur les épaules et qui ne croit qu’en la réalité et à certaines valeurs.

Le maire de Seraing le convoque. Sa fille s’est tirée avec un groupe de rock, les Slap Machine. Le premier magistrat de la ville wallonne se fiche éperdument de récupérer Monique, sa fille. Il demande au commissaire de tout faire pour éviter que ces hirsutes jouent dans sa belle ville de Seraing! car ils se produisent nus sur scène… Comme  “ce Béjart, de Bruxelles!”, clame avec dégoût le Maire. Il ne veut pas qu’un spectacle attentatoire aux bonnes moeurs se déroule dans sa cité. Crémèr, son adjoint, et la chienne Jessica partent donc sur les routes à la rencontre des Slap Machine… Il faut les arrêter avant que le pire n’arrive.

Avec un style graphique impulsif, Daniel Casanave colle au tempo déjanté et loufoque de son scénariste, David Vandermeulen. Ce duo se complète à merveille. La lecture de ce deuxième album est jubilatoire au possible. On imagine que les auteurs ont éprouvé le même sentiment en le réalisant. Un plaisir joliment partagé.

Source   Actuabd.com

NUMBER  20

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Et on commence ce classement très bédéphile, par un jeune auteur Raphaël Drommelschlager qui commet, en tant que dessinateur-scénariste-coloriste son premier ouvrage : Paris-New York New York-Paris.

Loin du charme français tellement vanté dans les salons américains, Gaspard de Saint Amand est un winner ; avec ses mauvais côtés : autoritaire, égoïste, flambeur…Mais l’argent s’amasse, donc tout va bien. Jusqu’au jour ou son médecin personnel lui annonce qu’il ne lui reste que quelques mois à vivre.

Gaspard laisse alors tomber sa société rutilante pour s’atteler à des priorités qu’il avait laissées en friche depuis des années : renouer avec son frère et retrouver son grand amour, une chanteuse de jazz à l’esprit aventurier. Comme toujours, il s’adresse pour cela à son fidèle bras droit, l’énigmatique Starkhan. Pas forcément la meilleure idée…

Raphaël Drommelschlager signe un thriller basé sur deux idées originales : l’histoire est racontée successivement de trois points de vue différents (Gaspard, son frère et son ex) et chacune de ces parties voit son noir et blanc glacé teinté d’une couleur différente. On passe ainsi du bleu à l’orangé, puis au vert.

L’histoire elle-même rappellera les grands classiques d’aventure à la Van Hamme avec rebondissements en pagaille et scènes d’action alternant avec des moments sensibles et intimistes. On apprend en toute fin d’album quel grand évènement a poussé l’auteur a se servir de l’intrigue pour évoquer plus largement le prix de la vie et l’importance de faire passer l’humain avant tout.

Pour ces qualités et le soin apporté à la construction du récit, cet album au souffle plutôt élégant apparaît relativement fédérateur.